Le Prix HiP du livre de photographie 2021 dans la catégorie « Reportage et Histoire » a été décerné à la photographe irano-britannique Maryam Ashrafi pour son livre-photo « S’élever au milieu des ruines, danser entre les balles » (éditions Hemeria) qui a pour sujet les femmes combattantes kurdes. 

Sorti en automne 2021, le livre photo « S’élever au milieu des ruines, danser entre les balles » est un hommage aux milliers de femmes kurdes qui ont pris les armes pour se libérer des Etats colonialistes qui occupent le Kurdistan, mais également pour détruire le patriarcat qui gangrène la société conservatrice kurde.

La lutte d’émancipation des femmes dans 4 parties du Kurdistan
Lors de ses nombreux voyages effectués au Kurdistan syrien et irakien, Maryam Ashrafi a pu rencontrer des femmes combattantes du PKK à Qandil (en 2012-13), celles des partis armés kurdes d’Iran qui sont le KOMALA et le PDK-I installés au Bashur, celles des YPJ au Rojava entre 2015 et 2017 et les combattantes yézidies de Shengal, à Sincar, en 2016. En plus des femmes combattantes kurdes, Ashrafi a également rencontré des femmes yézidies qui ont survécu au génocide commis par le groupe terroriste État Islamique (EI) à Shengal en 2014.  

Bien que la lutte de libération kurde soit menée par des hommes et des femmes, Ashrafi a préféré se concentrer essentiellement sur les femmes combattantes kurdes. D’ailleurs, sachant que les femmes kurdes se battent à la fois pour leur liberté en tant que peuple, mais aussi en tant que femmes pour se libérer de la société patriarcale kurde, on ne peut que féliciter Ashrafi pour ce choix judicieux. En effet, les femmes kurdes luttent sur le front de la libération pour mettre fin au colonialisme du Kurdistan, mais aussi sur le front du féminisme pour se débarrasser du patriarcat bien ancré dans la société traditionnelle kurde. 

Dans le livre « S’élever au milieu des ruines, danser entre les balles », de Maryam Ashrafi, on peut admirer 400 photos en noir et blanc, accompagnées des textes du journaliste Allan Kaval qui a reçu récemment le Prix Alber Londres pour un reportage réalisé au Rojava, de l’universitaire Kamran Matin, de Carol Mann, sociologue spécialiste des questions de genre au sein des conflits armés, et de Mylène Sauloy qui documente la guerre au Kurdistan et au Rojava depuis de longues années. (Le livre-photo d’Ashrafi est également disponible en version anglaise avec le titre « Rising Among Ruins, Dancing Amid Bullets ».)

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