L’histoire de la maternité des femmes n’a pas toujours été ornée de fleurs, de cadeaux ni de vœux de bienveillance concentrés dans un jour spécial dédié en l’honneur des mères. La maternité des femmes par contre a dans le couloir de l’histoire été exposée à la brutalité de bousculades sociales inégalitaires, où les femmes portaient le fardeau de leur féminité… une féminité vécue comme un facteur d’infériorité dans un contexte de genre monté de toute pièce par des sociétés dominées par les hommes.

En effet, la maternité des femmes a souvent été perçue comme un poids social, conception associée à des valeurs religieuses, entre autres, le christianisme et l’islam. Souvent, il a été accepté que le rôle de la femme se limitait à enfanter et donner du plaisir aux hommes.

Et les femmes réduites à leur stricts rôles maternel, sexuel et cosmétique ont dû faire face à de [violentes] responsabilités à la fois au sein même de leur famille, à l’égard de leur époux et la société en générale faisant office de l’humanité toute entière, et ne jouissant pourtant d’aucun droit, elles se sont vues reléguées aux rangs d’objets dont on fait usage au gré et à volonté.  Le rôle ou la responsabilité de donner naissance d’une femme fait que son infertilité soit perçue comme un véritable cauchemar, un fardeau supplémentaire pour un sujet dont les valeurs sociales reposaient presqu’essentiellement sur sa maternité. Aujourd’hui encore, plus de 90% des femmes sont les premières accusées face aux problèmes d’infertilité dans le couple […]

Après la première guerre mondiale, les femmes françaises avaient alors la lourde responsabilité de repeupler la France afin de remplacer les soldats tombés dans la guerre. Une vaste campagne fut alors engagée avec le support de l’Eglise Catholique, pour mettre en valeur  le pouvoir de donner naissance des femmes, un pouvoir venu de Dieu. Des primes et récompenses ont été prévues pour les familles/femmes qui parvenaient à mettre au monde beaucoup plus d’enfants, une importante opération qui à l’époque a fait régresser considérablement les efforts d’émancipation des femmes, obligées de retourner dans les foyers prendre soin des enfants, alors qu’elles commençaient à l’époque à occuper valablement certaines fonctions en raison de l’absence des hommes partis faire la guerre.

Aujourd’hui, ce fardeau se fait plus subtile mais reste toutefois pesant et présent dans la vie des femmes… celles qui se font refuser des postes à responsabilité parce qu’elles ont des enfants en bas âge. Celles qui sont des professionnelles mais qui n’ont pas le droit de tomber enceinte au risque de perdre leur emploi… et aussi celles, brillantes et qualifiées mais refoulées dans leur rôle essentiel de mère au foyer, en abandonnant leur vie professionnelle, car c’est à elles qu’il incombe la responsabilité de gérer les enfants et la maison.

Quand on souhaite une joyeuse fête des mères aux femmes c’est bien, mais c’est aussi important de penser à œuvrer activement afin d’enlever le poids de cette maternité et surtout la [maternité] relever au rang de liberté. Il faut aussi penser et accepter qu’une femme ne soit pas forcément définie par sa capacité à être mère, mais qu’une femme devrait pouvoir librement jouir du droit de vouloir ou pas devenir mère et vivre sa vie pleinement, à sa manière, sans se soucier de courber sous le poids social de ses pairs qui lui demanderont sans cesse quand est-ce qu’elle va enfin donner un enfant à un homme. Il faut enfin accepter  qu’une femme frappée par la stérilité ne soit pas perçue comme un paria social, tout en honorant bien sûr celles qui avec plaisir, courage et amour choisissent librement de donner la vie…

Joseph LEANDRE

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