Ce 7 juillet 2022 marque la première année de la commémoration de la mort du Président haïtien Jovenel Moïse, assassiné dans sa résidence privée dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021. Et malgré l’ampleur de ce crime, jusqu’à présent aucune lumière n’est faite.

En dépit d’une fougue constatée auprès de supporteurs zélés du Président, surtout vers la fin de son mandat, les réactions de ces alliés qu’on comprenait infallibles se révèlent inversement proportionnelles aux appuis dont bénéficiait l’ancien Chef d’Etat de son vivant.

Reproché par l’opposition d’avoir détruit la plupart des institutions dont il avait la charge d’assurer le bon fonctionnement dans le pays, le Président dès son arrivée au pouvoir en 2017 a déclaré avoir été forcé de nommer 50 juges corrompus au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, institution manifestement contrôlée par des mains politiques très puissantes.

En effet, la quête de la justice en Haïti a longtemps été vaine, depuis la situation des détenus dans les prisons, pour la plupart victimes du phénomène de la détention préventive prolongée, sans oublier des cas spectaculaires d’assassinat toujours non résolus par la justice, tel l’assassinat du journaliste Jean Dominique, passant par celui du bâtonnier de l’ordre des avocats du barreau de Port-au-Prince, le professeur Monferrier Dorval, sans oublier le double assassinat des journalistes Diego Charles et l’activiste Antoinette Duclair, cas dont la justice haïtienne aurait choisi de ne pas assurer le suivi.

L’actuel Premier Ministre de facto Ariel Henry, nommé par monsieur Moïse juste avant son assassinat, devrait être le véritable fer de lance dans l’enquête sur l’assassinat du Président. Mais lui-même épinglé dans les premières démarches de l’appareil judiciaire, s’est montré peu coopératif et peu engagé à accompagner efficacement la justice haïtienne.

Si les résultats des enquêtes de la Direction Centrale de la Police Judiciaire et le FBI sont toujours méconnus du public, la justice haïtienne, avec l’apui de Interpol a déjà procédé à l’interpellation de plusieurs personnalités politiques et du secteur des affaires, accusées dans l’assassinat, parmi eux l’ancien Sénateur John Joël Joseph intercepté à la Jamaïque, et l’ancien chef de la sécurité du Palais National, Dimitry Hérard, actuellement détenu au centre carcéral de Port-au-Prince.

Toutefois, les proches du Président reprochent à la justice de ne pas s’adresser aux gros bonnets du secteur économique, souvent traités de holigarques corrompus, qui seraient selon eux, les seuls à avoir les moyens de financer cette vaste opération criminelle aboutissant à l’assassinat d’un Chef d’Etat.

Cependant, avant même disparition du Président haïtien, la population haïtienne faisait déjà face à de graves problèmes d’insécurité. Haïti assistait à une importante augmentation des gangs armés qui occupaient la plupart des quartiers de Port-au-Prince, et comptait plus d’une dizaine de cas d’enlèvement par semaine.

Stanley LEANDRE

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