Haïti est devenu depuis un an, le rare pays au monde où il n’existe aucune institution démocratique fonctionnelle. Le lundi 9 janvier de l’année dernière, le Sénat de la République, caduc depuis janvier 2020, a finalement vu partir le dernier tiers du Sénat élu lors des élections de 2016. En effet, depuis janvier 2023, ce pays de la Caraïbe qui a affronté le terrible tremblement de terre de 2010 et qui peine à se relever de cette catastrophe se retrouve soudain sans Président, sans Députés, sans Sénateurs, sans Maires, sans aucun élu.

Les derniers scrutins organisés en Haïti remontent au dernier trimestre 2016, les présidentielles de l’élection du candidat du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK) Jovenel Moïse comme le 58e Président d’Haïti. Avant ces élections, Haïti a connu les dernières municipales qui datent du 25 octobre 2015, organisées avec trois ans de retard. Les autorités municipales (maires, conseils municipaux, conseils des sections communales), dont les mandats étaient arrivés à terme en 2011, avaient été progressivement remplacées par des agents exécutifs intérimaires, nommés directement par le Président Joseph Michel Martelly.

Le Président Jovenel Moïse a alors suivi les traces de son prédécesseur : par arrêté présidentiel du 7 juillet 2020, Jovenel Moïse a nommé des agents exécutifs intérimaires à la tête des Mairies pour remplacer des élus.

Cependant, durant toute la durée de son mandat, depuis le 7 février 2017 jusqu’à son assassinat le 7 juillet 2021, soit quatre ans et cinq mois au pouvoir, le Président Jovenel Moïse n’a organisé aucune élection pour renouveler le personnel politique dans le pays et permettre au haïtiens de jouir de leurs droits civils et politiques.

Seul homme au pouvoir depuis le 13 janvier 2020, le Président Jovenel Moïse a procédé à la nomination de plusieurs Premiers Ministres, dont Claude Joseph nommé le 14 avril 2021, sans la validation du Parlement que le Président a rendu dysfonctionnel. Le 5 juillet de la même année, il a encore à lui seul désigné et nommé par arrêté présidentiel, le Docteur Ariel Henry comme Premier Ministre, toujours en dehors des prescrits de la Constitution haïtienne. Deux jours plus tard, soit le 7 juillet 2021, le Président est assassiné et Ariel Henry est entré en fonction le 20 juillet 2021. Nommé illégalement à la tête du gouvernement et sans légitimité, Ariel Henry occupe jusqu’à aujourd’hui à la fois les rôles de Président et Premier Ministre sans redevabilité auprès du peuple haïtien, ni mandat.

Joseph LEANDRE

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