L’article d’origine a été publié en anglais le 3 juin 2020. Certaines informations ont été mises à jour pour refléter l’évolution de la situation.

[Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages en anglais, ndlt.]

Le premier cas de coronavirus dans les Caraïbes a été confirmé le 1er mars 2020 lorsqu’un touriste italien est tombé malade en République Dominicaine. L’état d’urgence sanitaire a été déclaré le 19 mars dans ce pays, qui partage une frontière terrestre avec Haïti. À ce jour, la République Dominicaine compte toujours le plus grand nombre de cas positifs de COVID-19 dans la région.

Qu’en est-il du reste des Caraïbes ? Les pays de la région montrent-ils des signes de gestion stable du virus ? Ont-ils vécu le pire — ou profitent-ils simplement d’une période d’accalmie avant l’arrivée redoutée de la deuxième vague ? Quelles restrictions restent en vigueur, et comment les pays des Caraïbes travaillent-ils à la réouverture, notamment concernant les voyages et le tourisme qui sont les deux piliers de l’économie régionale ?

La situation est ambiguë, et les deux prochains mois seront décisifs pour les gouvernements des Caraïbes qui essaient d’établir un équilibre entre la santé publique et les problèmes économiques. Pour couronner le tout, 2020 est une année d’élections générales pour plusieurs territoires régionaux.

Dans ce premier article d’une série en deux volets, nous vous offrons un aperçu rapide de la manière dont plusieurs pays des Caraïbes ont géré le coronavirus. Le deuxième article examinera la nécessité de réouverture des économies régionales — dont la plupart dépendent du tourisme — et les menaces que cela pourrait poser.

COVID-19 : un aperçu de la situation des Caraïbes

Les territoires plus petits, comme Anguilla, qui possède une population de seulement 15 000 habitants ; les Îles Vierges britanniques, qui ont près de 32 000 habitants ; et Saint-Christophe-et-Niévès, avec une population de 52 000 habitants, n’ont enregistré qu’une poignée de cas positifs chacun, sans cas actifs depuis quelque temps déjà.

La Barbade, avec une population plus importante, d’environ 287 000 habitants, est dans la même situation [Mise à jour : 5 cas actifs confirmés au 18 juin 2020, ndlt.]. Les Îles Turques-et-Caïques, un autre territoire fortement dépendant du tourisme, ne présentent également aucun cas et planifient la réouverture des frontières pour le 22 juillet.

Toutes ces îles assouplissent progressivement leurs restrictions, y compris la réduction des horaires de couvre-feu, ainsi que la réouverture des entreprises et des écoles. Saint-Christophe-et-Niévès est particulièrement concentré sur l’organisation des élections générales du 5 juin.

D’autres grands territoires régionaux continuent à faire face à une multitude de difficultés.

Les Bahamas

Les Bahamas (385 000 habitants) travaillent à l’assouplissement des restrictions sur certaines îles, ainsi qu’à la réouverture de leurs frontières d’ici au 1er juin [Repoussée au 1er juillet, ndlt]. Avec 43 cas actifs, cependant, le pays n’est pas encore sorti d’affaire. [Mise à jour : 19 cas actifs confirmés au 18 juin 2020, ndlt.]

Ces problèmes sont accentués par la saison cyclonique 2020 [fr] dans l’océan Atlantique nord qui a officiellement commencé le 1er juin. Neuf mois après les ravages de l’ouragan Dorian, certaines îles de l’archipel sont toujours en phase de récupération.

Les Bermudes

Avec une population d’environ 64 000 habitants, les autorités des Bermudes restent prudentes malgré la baisse du nombre de cas actifs parmi ses 141 cas confirmés, dont 47 sont dans des foyers de soins. [Au 18 juin 2020, ce pays compte 7 cas actifs confirmés pour un total de 144 cas, ndlt.]

Craignant que ses citoyen·ne·s n’adhèrent pas aux règles de distanciation sociale, le gouvernement a déclaré une « tolérance zéro » pour les contrevenants. Cependant, le premier ministre de l’île, David Burt, a annoncé qu’il « ne souhaite pas annuler cette saison touristique ».

Cuba

Avec une population de 11,3 millions d’habitants, Cuba a enregistré 2 083 cas et 83 décès dus au COVID-19. Actuellement, le pays a 165 cas actifs et ne semble pas prêt à diminuer ses restrictions au cours des prochaines semaines. [Mise à jour au 18 juin 2020 : 2 295 cas confirmés, dont 190 cas actifs, pour 85 décès, ndlt.] Ses frontières resteront sans doute fermées jusqu’au 1er juin, au plus tôt. [L’ouverture des frontières a finalement été reportée au 1er août, ndlt.]

Dominique

Avec seulement 71 000 habitants, la Dominique a affiché de très bons résultats dans le combat contre le coronavirus. Le pays n’a eu que quelques cas, mais a récemment enregistré deux nouveaux cas (des employés de bateaux de croisière rapatriés).

Cependant, au 1er juin le pays a enregistré ses premiers cas de COVID-19 en près de 2 mois : deux employés de bateaux de croisière rapatriés, tous deux asymptomatiques. Ils ont été placés en quarantaine obligatoire, ce qui a par conséquent porté le nombre total de cas de coronavirus le plus récent à 18, avec 16 guérisons [18 guérisons confirmées au 18 juin 2020, ndlt.].

République Dominicaine

La République Dominicaine (10,3 millions d’habitants) et ses voisins haïtiens (un peu plus de 11 millions d’habitants) continuent à lutter contre la hausse des chiffres du coronavirus.

La restriction des activités sociales en République Dominicaine reste très stricte. À ce jour, le pays compte 17 572 cas de COVID-19 et 502 décès [Mise à jour : 24 645 cas et 635 décès confirmés au 18 juin 2020, ndlt.]. Acteur majeur dans le domaine du tourisme, la République Dominicaine espère rouvrir ses frontières le 2 juillet.

Haïti

Le 25 mai, Haïti est devenu le premier pays des 15 États membres de la communauté caribéenne (CARICOM) à atteindre plus de 1 000 cas de COVID-19, après avoir enregistré plus de 300 nouveaux cas en trois jours.

Le pays compte à présent plus de 2 000 cas [Mise à jour : 4 688 cas confirmés au 18 juin 2020, ndlt.]. En plus des défis sociaux, économiques et politiques, Haïti pourrait bientôt devoir jongler avec ses ressources financières déjà limitées afin d’apaiser le fardeau porté par les systèmes de santé et sociaux.

Suriname et Guyana

Bien que préoccupé par des élections vivement contestées, qui ont eu lieu le 25 mai, le Suriname, un État membre de la CARICOM situé sur le continent sud-américain, ne possède qu’un seul cas actif du virus.

Le Guyana, également un État membre de la CARICOM, est en train de recompter les votes de l’élection générale fortement controversée, qui s’est tenue début mars.

Alors que les citoyen·ne·s attendent les résultats qui devraient être annoncés d’ici le 16 juin [Le parti progressiste du peuple a gagné les élections avec une différence de plus de 15 000 votes], le pays fait aussi face à une hausse des cas de COVID-19, avec 12 décès à ce jour.

Jamaïque

La Jamaïque (2,9 millions d’habitants) compte jour après jour de nouveaux cas de coronavirus, pour la plupart importés (notamment les employé·e·s des bateaux de croisière rapatrié·e·s) ou liés à la propagation du virus dans un centre d’appels [fr] en avril.

Au moment de la publication, l’île comptait un total de 588 cas et 10 décès, avec 322 patients guéris. [Mise à jour : 626 cas confirmés pour 10 décès au 18 juin 2020, ndlt.] Les travailleurs rapatriés (un total d’environ 2 300) sont arrivés par vagues depuis plusieurs bateaux de croisière.

Alors que les mesures de distanciation sociale et les couvre-feux sont toujours en place, les entreprises locales ont repris leur fonctionnement normal le 1er juin, le même jour où les frontières du pays ont été ouvertes aux citoyen·ne·s de retour dans le pays. Les frontières de l’île ont été ouvertes aux touristes le 15 juin. Les détails des protocoles de voyage n’ont pas encore été annoncés, mais le ministre du Tourisme, Ed Bartlett, a déclaré le 31 mai qu’il visait à faire de la Jamaïque « une destination touristique résistante au virus ». [Les protocoles de voyage ont été annoncés le 13 juin et seront mis à jour toutes les deux semaines, ndlt.]

Porto Rico

Avec ses 3 189 cas et 127 décès [6 111 cas confirmés pour 147 décès au 18 juin 2020, ndlt.], Porto Rico, territoire des États-Unis, ne peut pas se permettre d’assouplir ses restrictions. En conséquence de l’ouragan dévastateur [fr] de 2017 et des tremblements de terre de cette année, le pays tente d’accroître sa résilience malgré les difficultés économiques auxquelles il fait face en raison de la pandémie.

Saint-Vincent-et-les-Grenadines

Les îles dispersées de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, ayant pourtant très bien résisté à la tempête du coronavirus, ont rapporté 29 nouveaux cas — des citoyen·ne·s rapatrié·e·s qui sont récemment arrivé·e·s sur un bateau de croisière de la compagnie Royal Caribbean. D’autres personnes sont en train d’être testées et ont été mises en quarantaine.

Trinité-et-Tobago

Trinité-et-Tobago est une des nations des Caraïbes qui a su se montrer performante dans la lutte contre le coronavirus. La république, formée de deux îles jumelles, a enregistré son premier cas le 26 avril, et a depuis réussi à « aplatir la courbe ».

Le ministre de la Santé, Terrence Deyalsingh, a souligné que la réouverture « doit se faire de manière graduelle, bien réfléchie et mesurée ». Toutes mesures mises en place auront un impact sur la réussite des élections générales du pays.

Le deuxième article de cette série examinera précisément comment le processus de réouverture des économies des petites nations insulaires sera affecté dans le cadre du COVID-19, qui reste une menace pour la santé au niveau mondial.

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Photo de Emma Lewis

Ecrit par Emma Lewis

Traduit par Mara Vukovic

Cet article est publié sur Global Voices et est republié ici dans le cadre d’un accord de partenariat.

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